T-1291(Or)
Servante balayeuse de pluie
- Classification
- Organisme
- Niveau
- I
- Habilitation
- Public
Rapport
Histoire de l’anomalie
« Nous allons balayer la pluie ! Comme ça, le soleil reviendra vite ! »
La Servante balayeuse de pluie est une anomalie à l’histoire longue et mouvementée. Des témoignages consignés remontent à plusieurs centaines d’années : « Un jour de pluie, mon balai s’est soudain enfui dehors pour balayer l’eau ! »
Oui, dans les premiers récits écrits, on parlait d’esprits ayant la forme de balais ou de serpillières. Quand elles somnolaient les yeux fermés, elles ne se distinguaient en rien d’outils de nettoyage ordinaires. À mesure que balais et serpillières disparaissaient des foyers, remplacés par des aspirateurs robots et des lave-sols, la forme des Servantes balayeuses de pluie semblait s’adapter à ce changement, adoptant des caractéristiques technologiques plus… modernes. Peut-être que ça les rendait simplement plus efficaces pour le ménage ?
Quelles que soient les époques, les Servantes balayeuses de pluie ont toujours été des anomalies biologiques animées d’un irrépressible besoin de balayer l’eau de pluie. Les jours de soleil, elles paraissent détendues et un peu mollassonnes, mais au premier signe d’averse, elles se précipitent dehors pour « nettoyer » la pluie, l’absorbant dans leur corps pour la stocker temporairement, convaincues que cela fera passer le mauvais temps plus vite… On raconte qu’une seule Servante balayeuse de pluie peut absorber l’équivalent de plusieurs piscines, et qu’elle continuera de travailler sans relâche jusqu’à la fin de toute la saison des pluies. Quand le ciel se dégage, elles cherchent une rivière pour y déverser l’eau qu’elles ont emmagasinée.
Autrefois, on pensait que la Servante balayeuse de pluie était probablement une anomalie née du souhait humain de voir cesser la pluie et revenir le soleil. Il y a des centaines d’années, on la respectait, on lui adressait des prières, et l’on attachait parfois des rubans à son manche de serpillière qui semblait presque vivant, pour la remercier de ce qu’elle faisait pour l’humanité… Mais aujourd’hui, bien peu de gens apprécient encore cette anomalie. De nos jours, il est rare de voir une Servante balayeuse de pluie avec des offrandes humaines accrochées à son tuyau d’aspirateur. Si vous demandez aux citadins ce qu’ils en pensent… certains s’exclameront même, mi-fatalistes, mi-agacés : « Ces curiosités sont incroyablement débiles ! »
Dans les temps anciens, le comportement des Servantes balayeuses de pluie, qui stockaient temporairement l’eau de pluie comme des éponges et jouaient le rôle de couche tampon, pouvait effectivement atténuer les inondations dans les villages dépourvus de systèmes de drainage. Mais dans les villes modernes dotées d’infrastructures de drainage complètes, leur absorption et leur rejet incessants de l’eau n’ont pratiquement plus aucune utilité réelle.
Pire encore, peut-être parce que l’eau de pluie moderne contient bien plus de polluants chimiques qu’autrefois, les Servantes balayeuses de pluie qui ont absorbé une quantité excessive d’eau contaminée peuvent commencer à manifester un comportement chaotique et violent. La Servante balayeuse de pluie qui souriait toujours est maintenant entièrement noircie, le visage souvent déformé par la douleur. L’eau polluée accumulée en elle provoque une corrosion interne, source d’une brûlure incessante. Guidées par leur nature et incapables de cesser d’absorber la pluie, les Servantes balayeuses de pluie affectées par la pollution ne parviennent plus à évacuer correctement l’eau. Elles finissent par s’agiter dans tous les sens comme des ballons, projetant la pluie de manière erratique, allant jusqu’à attaquer les humains qui traversent leur rideau de pluie… Avec un climat de plus en plus extrême et imprévisible, il peut arriver qu’une Servante balayeuse de pluie subisse une brusque vague de froid avant d’avoir pu se vider de l’eau stockée. L’eau qu’elle déverse gèle alors en grésil, en grêle, voire en neige, déclenchant un blizzard violent dans une zone limitée. Autant de situations qui n’auraient jamais pu se produire autrefois.
Une espèce d’anomalie ancienne, douce et stable a subi une transformation fondamentale sous l’effet des changements d’époque et d’environnement… En tant qu’exemple emblématique d’anomalie remodelée par le milieu social humain, la Servante balayeuse de pluie présente une valeur de recherche considérable. Si, à l’avenir, la pollution atmosphérique et les phénomènes météorologiques extrêmes peuvent être maîtrisés, ces curiosités qui souriaient toujours paisiblement en attendant le retour du soleil pourraient peut-être revenir un jour à nos côtés…
Caractéristiques
- Autrefois, les Servantes balayeuses de pluie ressemblaient à des balais ou des serpillières avec un manche en bois dressé sur leur tête, mais les bandes de tissu croisées en dessous, en forme de « tarte aux pommes », constituaient leur véritable corps. Le manche en bois n’était qu’un élément décoratif. Avec le temps, ces manches de balai ou de serpillière ont progressivement « évolué » en queues flexibles en forme de tuyaux, semblables à celles d’aspirateurs ou de laveurs de sol, et la façon dont les Servantes balayeuses de pluie absorbent l’eau de pluie a changé en conséquence. Leur queue autrefois décorative a développé une fonction d’aspiration de la pluie, tandis que leur corps principal est devenu un conteneur de stockage d’eau.
- Les Servantes balayeuses de pluie adorent les journées ensoleillées et n’aiment pas les jours de pluie, mais elles ne se plaignent pas du mauvais temps. Au contraire, elles deviennent plus actives et tentent de changer la situation, ce qui explique pourquoi les jours de pluie les mettent en mouvement.
- Elles sont plus fortes qu’elles n’en ont l’air et, par conséquent, recevoir un coup de leur queue remplie d’eau de pluie est assez douloureux. Elles possèdent des dents acérées sur leur « embout d’aspiration », mais les utilisent rarement pour attaquer. Bien que les Servantes balayeuses de pluie puissent compenser le poids de leur queue et léviter de façon stable dans les airs, elles gardent généralement leur queue plaquée près du sol et « rampent » vers l’avant lorsqu’elles balaient la pluie, comme un aspirateur vertical autonome.
- Après avoir absorbé de grandes quantités d’eau de pluie, leur corps gonfle visiblement. Si elles absorbent de l’eau polluée, leur corps noircit ou se couvre de taches huileuses.
- Lors du processus de décharge et de réabsorption de l’eau de pluie, si la température ambiante chute brutalement, la « pluie noire » de leur système de circulation de l’eau subit un changement d’état et continue de circuler sous forme de glace solide.
- Les Servantes balayeuses de pluie hors de contrôle déchargent et réabsorbent l’eau de pluie de manière répétée, provoquant un phénomène de « reflux de pluie noire » dans un petit rayon. Si quelqu’un s’aventure dans le champ du rideau de pluie, il peut être attaqué par la Servante balayeuse de pluie. Si vous parvenez à l’aider à libérer l’eau polluée et à la remettre à l’état sec, elle peut être facilement confinée ou soumise à une nullification.
Nexus d’nomalie
Videz toute l’eau de pluie stockée dans son corps.
Évaluation des risques
Amicale envers les humains lorsqu’elle est sèche, mais attaque les humains qui s’aventurent dans le champ de son rideau de pluie lorsqu’elle est remplie d’eau de pluie.
Statut de confinement/garantie
Le Complexe Celaeno contient actuellement une Servante balayeuse de pluie qui a conservé sa forme originelle avec un manche en bois sur la tête.
Mesures de confinement
Purifier ou drainer l’eau polluée à l’intérieur de son corps pour la contenir.
Archives des expériences
Objectif de l’expérience : vérifier les critères comportementaux de la Servante balayeuse de pluie.
Déroulement de l’expérience : le personnel de recherche a placé successivement la même Servante balayeuse de pluie dans quatre environnements : pluie naturelle, pluie artificielle, sous une cascade et dans une installation de décoration intérieure de rideau de pluie. Ils ont observé ses réactions à « l’eau tombant d’en haut » dans différentes situations.
Résultats de l’expérience : dans les environnements de pluie naturelle et artificielle, la Servante balayeuse de pluie a montré des réactions nettes et a immédiatement commencé à absorber l’eau de pluie. Cependant, sous la cascade et dans l’installation intérieure de rideau de pluie, le spécimen n’a montré absolument aucune réaction. Il est donc supposé que la Servante balayeuse de pluie possède un mécanisme d’identification précis pour déterminer ce qui constitue une « pluie ».